16/10/2018

Arradon, l'Ile aux Moines... 5 k de nat very cool, enfin presque !

posté à 23h33 dans "Saison 2018"

Hello,
après m'être levé à 5H40 pour déposer myChoupette sur son lieu de stage, direction vannes pour un stage pro très intéressant et instructif dans un domaine particulièrement d'actualité ;)

A 16H30, une fois sorti de la formation, direction Arradon, au niveau du port pour enfiler la combar : Objectif 6 kils...

Bon, entre le trajet et le changement de tenue... je n'ai pas pu commencer à nageouiller avant 17H15. Sachant que je nage entre 2.5 et 3 km/h... je sais avant de partir que je vais devoir écourter un peu le tracé sinon il me faudra une lampe frontale puisqu'à partir de 19H00 le soleil disparaît. Mais bon je verrai au fur et à mesure de mon avancée.

Le soleil est de mise, un petit clapot avec un léger courant anime l'étendue humide... les conditions sont idéales.



Je suis un peu "stressé" en partant en raison du clapot et du soleil qui me tape plein dans le pif... je ne vois pour ainsi dire rien devant quand je lève la tête et vu le trafic des bateaux, petit mais existant quand même entre les voiliers, les paddles et les zodiacs, je ne fais pas le fier.
Même si ma bouée est là pour me rendre visible, quelqu'un qui vient derrière moi, avec le soleil pourrait ne pas me voir... pfff

Bref je suis parti direction l'Ile aux Moines mais... avec le courant je dérive vers l'Ile d'Irus. Je ne le ressens bizarrement pas mais je vois bien qu'en me fixant des bouées je nage plus en arrondi qu'en ligne droite ; du coup, arrivé à la pointe de l'Ile aux Moines j'ai du remonter au moins 200 m en ligne droite le long des rochers pour me remettre dans la direction de la petite Ile d'Holavre.

Je ne me sens pas en grande forme, les bras sont engourdis et quand je vois les herbes du fond ça me... enfin bon ce n'est pas rassurant même si je sais qu'il n'y aura pas de requin à en sortir. Le 1er kilomètre et demi ne passe en 35', dur, dur... le second kil que je passe vers 47' est le début de la galère.
Le mollet droit tout d'abord, suivi de près par le gauche, me lance des douleurs type "décharge de taser" :p

J'essaie de battre un peux des jambes, pas pour avancer mais pour les relaxer... pas grand chose ne se passe mais c'est moins pire.

Encore 4 bornes ???
Oh putain qu'ça va être compliqué si les crampes perdurent. Mais bon, j'ai connu pire, alors je relativise et je continue à progresser en direction de l'Ile Spiren.

2100, 2200... je commence à m'inquiéter en voyant ce soleil qui ne cesse de baisser... voilà 1H que je nage et si je continue jusque l'Ile puis vers celle des Moines avant d'entamer le retour, je vais finir dans le noir c'est clair, vu la vitesse.
Bon... avec quelques regrets je décide de mettre le clignotant et prendre la direction de l'Ile aux Moines avant d'atteindre celle de Spiren.

Je savoure les bains d'algues et les relents de mazout quand le zodiac et le bateau des parcs à huîtres ou à moules passent au large, ce n'est pas ce qu'on fait de mieux mais c'est moins pire que la pisse des crasseux dans les ascenseurs des cités rennaises, lol.

J'ai l'impression de ne plus avancer, pourtant mes battements sont réguliers, peut-être moins puissants sans doute.



Je rame, je rame et rame encore mais la "terre" ne semble pas approcher. Je sais Cyril il ne faut pas se retourner mais là je vois que j'ai avancé un peu ça me rassure quand même.
2800, 2900 et enfin 3000m mais en seulement 1H15, je suis à la ramasse complète. Pourtant aujourd'hui mes lunettes ne sont pas embuées, heureusement j'ai assez de M.... aujourd'hui.

Les crampes vont et viennent, s'effacent pendant 2 minutes et re-toquent à la porte pour ne pas que je les oublie. Je prends des positions de "canard", je brasse un peu mais bon, y'a surement une solution pour les faire passer mieux que ça... Je manque peut-être de quelque chose, je vais voir auprès des "pros" de la nage en eaux vives ils auront peut-être une soluce. Merci d'avance :)

Le soleil est désormais derrière les arbres, je nage dans l'ombre. L'eau est devenue d'huile, à l'approche des parcs à huîtres du bord de l'île. Je les longe avant d'arriver entre les bateaux arrimés aux bouées. Je slalome en suscitant la curiosité des promeneurs.

Le chrono tourne, les mètres défilent, lentement mais ils défilent.

Au bout de l'île je revoir le soleil, bas, si bas qu'il est dur à supporter et surtout il m'empêche comme à l'aller de voir devant.
Je longe la côte par prudence, je passe les 4000m après 1H50... vache l'allure de M....
Mais bon je ne me décourage pas, même si je sais que les 6 k sont "à l'eau", sans jeu de mot, lol, je ne devrais pas être loin des 5000m ce s'ra déjà ça.



Comme à l'aller, le passage de la bouée "La Truie" se fait en "arrondissant" la trajectoire, à cause du courant, plus léger mais présent malgré tout.

Au loin le soleil vit ses dernières lueurs. Le spectacle est splendide ! D'un côté j'ai hâte de sortir pour immortaliser le moment et de l'autre je suis dégoutté de devoir stopper maintenant...



Je me rapproche de plus en plus de la "terre". Encore 400m à faire pour au moins passer le sub 5000, ça devrait être bon. Je ne vois plus le fond de l'eau, il fait sombre alors le "stress" monte d'un cran même si je me rapproche des bateaux amarrés. Je me fixe ce voilier blanc pour garder le cap. Les marcheurs sur le chemin de pierre regardent le beau spectacle qui se joue derrière moi, les teintes multicolores sont merveilleuses, ce ne seront pas les paddles qui me doublent qui diront le contraire.

4800, 4900 et voilà 5000m.

50m plus tard je stoppe le chrono après 2H14. Il y a 10 jours, je faisais 600m de plus pour ce temps. 2'40 au 100m, je ne suis pas près de traverser la Manche, lol, enfin pas en moins de 20 heures. Mais bon, j'ai encore le temps de rêver à ce projet, parce que financièrement il est totalement inaccessible sans partenaires... alors il ne restera peut-être qu'un rêve mais comme tous les rêves, ils sont souvent plus agréables avant qu'une fois réalisés.



Je profite de mon arrivée pour immortaliser le décor avant de reprendre la route.
Un beau souvenir pour plein de choses même si la condition n'était pas au rendez-vous.

Je vais essayer de remettre ça, ailleurs, encore une fois cette année, la semaine prochaine surement en rance du côté de Pleudihen avant de ranger la combi.



Merci pour vos encouragements, mises en garde et conseils via facebook ou messenger, ça m'a permis de garder le cap en restant "sereinement prudent".

@llez, la suite au prochain épisode ! Bye...

PS : Mugiro protection de cou + graisse à traire... le couple gagnant contre les brûlures, pourvu qu'ça dure, merci Perrine et Cyril.

 


14/10/2018

2019 se dessine... en mode Eco-Trail !

posté à 18h48 dans "Saison 2018"

Hello,
voilà, après plusieurs semaines de réflexion, je viens de valider ma "chère" inscription pour l'Ecotrail de Paris.

Bien sûr, tant qu'à faire le D.P (déplacement) j'ai préféré m'inscrire sur le 80 kils. Ce sera ma 4ème participation après 2013 (9H25 - 448/2000), 2014 (9H36 - 440/2000) et 2015 (10H26 - 969/2000).

2015 n'était pas une bonne année sportive, d'autant plus que je me suis blessé au 30ème kilomètre, ce qui a engendré un déchirure à la cuisse et une fin de course compliquée (frontale HS au bout de 5'...)

Cette année je compte bien effacer ce mauvais souvenir et revenir à une "forme" olympique ; j'ai d'ailleurs tout l'hiver pour y arriver. Ben oui... puisqu'àprès y'a l'Ironman de Tours j'axerai plus sur le vélo sur route au retour des beaux jours. Cet hiver je vais, quand il ne fera pas très beau, manger du H.T (Home Trainer) et de la piscine pour ne pas trop blesser les tendons et travailler plus en "douceur".

Le plan d'entrainement pour l'Ecotrail n'est pas trop difficile, c'est "juste" une petite course de campagne avec un peu de dénivelé (1500m).

En voici d'ailleurs un premier ICI, un second ICI et un troisième ICI.
Ces plans sont basés sur 4 séances (ou 5) par semaines. Perso je ferai un mix des 3 en y ajoutant du H.T et de la nat. A l'occas je vous le mettrai sur le site pour vous donner un ordre d'idée, mais ce sera juste "pour info", je n'ai aucune formation ni diplôme pour me permettre de vous faire des plans bien cadrés. Mon passé m'aide un peu mais surtout le feeling... bon pas toujours au top, j'en conviens, lol.

Bref, je m'y mettrai réellement à partir de la mi-janvier, d'ici là je tenterai de remonter un peu la VMA pour peut-être faire le 10 des Métropolitaines de St-Grégoire le 20 janvier.
C'est la première course de l'année, avec un parcours changé cette année, ce 10 me permettrait de caler les vitesses ou plutôt les allures pour programmer mon plan Ecotrail et l'affiner au mieux.

Voilà, les dés sont jetés, maintenant y'a plus qu'à... pour ajouter je l'espère une 4ème photo finish à cette course à la fin de laquelle j'aurai encore l'honneur de monter au premier étage de la Tour Eiffel !



Bien sûr, comme d'hab, si l'envie vous prend de venir m'accompagner pendant les entraînements, ce sera avec plaisir ;) ... enfin si vous ne courez pas trop vite.

@llez, la suite au prochain épisode ! Bye...

 


12/10/2018

5100m de nat en mer... "déchaînée", ça use !!!

posté à 22h15 dans "Saison 2018"

Hello,
la météo de jeudi étant humide et surtout orageuse, j'ai préféré remettre à cet AM ma seconde sortie "test", comme samedi dernier, sur le sillon de St-Malo.

Soleil prévu... mais avec des rafales de vent pouvant atteindre 70 km/h...
Malgré tout, après avoir jeté un œil sur la webcam de la mairie, je prends la route vers la côte malouine.

50 minutes plus tard, tous les parkings sont pleins, faute aux débuts de la route du Rhum et aux installations des stands et "paddocks" de skippers. Du coup direction l'ENP où, après une petite négo, je m'installe pour changer de tenue, à l'abri des regards indiscrets. J'ai le mugiro et la graisse à traire, j'espère que ça va être le top anti-brûlures...

Direction ensuite le sillon...

La mer est déjà loin, le bas est prévu vers 16H53, ce qui n'arrange pas mes affaires... tant pis.
Après 150m de marche sur le sable, mes pieds goûtent l'eau... fraîche et agitée. Le clapot n'est pas top mais s'il reste comme ça, ça ira.



Je décide de débuter à contre courant pour que le retour ne soit pas "trop long" mais bon, si j'avais su...
Direction la gauche, vers le Fort National et Intra-Muros. La mer est déjà bien basse par rapport à samedi dernier et du coup la distance va être moins longue avant le demi-tour. Seulement 600m, mais bon un bel échauffement malgré tout avant de tracer une ligne "droite" jusqu'à l'autre bout, la Plage de Rochebonne, soit près de 2.6 kils.

Il va falloir que je change de lunettes !!!!

P'T'1 ça me gave, tous les 50m à peine j'essaie de désembuer mes lunettes mais que ce soit avec la salive ou en y laissant quelques gouttes de flotte, le résultat n'est pas très satisfaisant. Malgré tout j'arrive à bien avance puisqu'àprès 23 minutes les 1000m sont passés.

Je me stoppe une fois encore, puis deux... et maintenant le vent s'accentue. Ma bouée commence son cinéma ! Le vent la pousse plus vite que je n'avance et je me retrouve à chaque battement à gauche, la main empêtrée dans la ficelle de maintien... Ô que la séance va être pénible !
Avec le courant et le vent cette P'T'1 de bouée tourne et la ficelle finit par ce raccourcir au milieu des nœuds qu'elle se crée. Quel merdasse !!!

Je m'arrête à nouveau ; je n'ai pas pieds, au bord les vagues sont trop pénibles et refoulent le sable... Je détache complètement ficelle et la laisse au max de sa longueur, soit environ 5 à 6m. Je reprends sur ma lancée et boucle le passage des 2000m après 43 minutes. Le courant m'aide aussi dans ce sens au point que je commence à douter de mon retour...

Une coup de flotte dans les lunettes, un "désempêtrage" de ficelle de bouée... c'est plus que chiant mais tant pis je continue.

La mer se découvre pas mal et laisse place à de belles portions rocheuses, alors je rivalise de droite et gauche pour slalomer au mieux et ne pas trop dévier de ma ligne... enfin c'est ce que je pense !

Le vent a encore repris de l'assurance et tout en nageant je vois les embruns qui me passent au-dessus de la tête, la bouée elle, elle est à 2 ou 3 mètres, mais à hauteur de mes bras. C'est la folie ce zef.

Voilà les 3000 et 1H02, comme quoi, bien que contrairement à samedi puisque j'avais mes 1/2 paddles, mes bras bossent correctement. Encore 200m et je décide devant cette portion rocheuse de Rochebonne, de faire demi-tour.

Et ben.... je vais en ch...

A peine remis dans le retour, je commence à prendre des baffes de flottes... pas la petite gifle mignonne qui vient te caresser les joues, non celle qui vient te rappeler que la mer n'est pas ton amie et que c'est elle qui décide, limite à te dire "dégage" tu es chez moi ici. 2 Solutions s'offrent à moi :
1 - sortir et terminer en marchant
2 - continuer et en prendre plain la gueule.

Je n'ai pas envie de m'emmerder à marcher, ce n'était pas au programme aujourd'hui alors je je reste face à la galère. Les vagues ont plis de l'ampleur depuis le début et au bout de la plage elles sont à pleine vitesse. Même si elles ne font pas plus de 30 ou 50 cms de haut j'ai l'impression d'être dans des creux de 2 mètres.
A caque respi j'avale 1/2 litre de flotte et je ramasse une belle "tarte" dans l'oreille. (il est 22H j'ai encore mal au crâne).
Tant pis, je ne suis pas venu là pour me faire déstabiliser par le "clapot", si un jour je dois affronter la Manche ce ne sera pas la même note... et il me faudra y rester 20 ou 22 heures si ce n'est pas plus.

Mais du coup, la trace n'est pas du tout en ligne droite...



Je laisse des forces, mes lunettes sont pleines de buées. Impossible de les nettoyer sans prendre les vagues en plaine figures et avaler des tasses salées.
Déjà ou plutôt seulement 4000m après 1H35, ça va être long.
Je garde le cap mais les portions de rochers m'obligent à dériver vers le large et à revenir vers le bord, bref un slalom qui est pénible quand la visibilité est "embuée"...
Je me fixe sur le côté guche, et la vue sur le sillon en jetant de temps en temps un œil devant vers le clocher d'Intra-Muros, entre deux vagues quand je peux.

Sincèrement c'est raide, j'en "chie grave" mais peu importe je suis venu pour nager alors je nage. Heureusement, pas de crampes pour le moment ni de brûlures au coup avec mon Mugiro, merci Perinne :) . J'ai l'impression de faire du sur-place, voire de reculer de 2 mètres quand j'avance d'un, c'est usant mais tant pis c'est en faisant qu'on apprend !

Encore une barre de rochers, mais celle-ci quasi impossible à éviter ; malgré tout je passe au plus près possible du bord, il n'y a pas plus de 40 cm de profondeur, la combi frôle les pierres mais sans toucher malgré les remous. Une fois passée cette barre, les vagues redoublent de force et j'ai encore droit au baffes sévères de la mer, la sa..pe elle ne m'épargne pas aujourd'hui, heureusement qu'il y a le soleil pour compenser !

4200, 4300, 4400... je ne vais pas pouvoir atteindre les 6000m que j'avais envisagé dans ma tête avant de partir... la mer a encore baissé et la prochaine barre de rocher m'obligera à sortir.
4500, 4600, j'ai mal au crâne à force de me faire rafaler la bouille, en plus la bouée ne tire vers l'arrière avec ce putain de zef qui lui aussi est contre moi aujourd'hui pour le retour.

4700, 4800, je dois bifurquer vers la plage, le barrage de pierres ne me laisse pas d'autre choix.

4900, 5000, je ne pensais pas être aussi loin du bord, le vent et la mauvaise visi mont complètement fait dériver.
Encore quelques mètres et voilà je me résigne à sortir de la grande bleue.

Je n'aurai pas battu mon "record" de la semaine passée, mais un poil plus de 5100m en 2H09, soit 2'30 au 100m, c'est déjà ça. Je dois malgré tout marcher sur quelques rochers pour regagner le sable fin, mon orteil droit en subira les aléas. Par contre, gros point positif, pas de brûlures au coup grâce au Mugiro !!! Dommage qu'il ne soit pas plus long parce que j'ai peur qu'après 10, 15 ou 20 bornes il bouge un peu quand même.



Donc voilà, deuxième belle sortie longue en 2 semaines. J'ai déjà hâte à la prochaine mais là il va falloir que je passe les 6 kilomètres, je ne peux pas rester éternellement sur cette "petite" distance, il faut que ça avance ! peut-être que si je tente la Rance, à partir de la cale de Pleudihen j'aurai moyen de faire la maille sans trop de roulis ; juste L9 la m'ame phoque locale qui pourra venir me chambrer, lol

@llez, la suite au prochain épisode ! Bye...

 


07/10/2018

Nager longtemps (5.6k) en mer...et avec le plaisir !

posté à 07h48 dans "Saison 2018"

Hello,
nous sommes le samedi 6 octobre.
Après une journée de vendredi ensoleillée, une nuit de taf pas trop agitée et une courte nuit de sommeil entrecoupée de plusieurs réveils... mes yeux s'ouvrent définitivement, il est 12H15.
Malgré les prévis annoncées par météo france, le temps est au beau fixe, enfin à Pacé tout au moins.
Au travers de la fenêtre la route est sèche et une légère brise fait bouger les feuilles et les petites branches des arbres en bordure de chaussée. Pendant mon p'tit déj je jette un regard en diagonale sur mes mails, messenger et mes textos... un vrai ministre, mais sans la paye !

Clément ayant pris la mégane la veille, j'hésite à la prendre et puis comme les webcams du sillon sont cleans à St-Malo, je me dis qu'au pire seul le retour sera humide.... si j'avais su ! Bref, moi et mes décisions à la con parfois, mais c'est moi, on ne me changera pas ou plus.

J'enfile le blouson, le casque et les gants, je range dans le top case ma combi, mes lunettes, un bonnet, mes 1/2 paddles, mon tour de cou, une serviette et j'enquille direction le décath de St-Jouan. J'avais réservé l'avant-veille une bouée de repérage de plongée pour être visible à
l'occasion de ma nat, en milieu naturel. Entre les planches à voile, surfeurs et bateaux, c'est plus prudent.

Vers St-Pierre, le casque commence à se maquiller de gouttelettes sommaires. Encore 20 minutes de route, on verra, je croise les doigts, l'horizon semble assez clair.
Déjà Chateauneuf, les gouttes s'accumulent...
A décath, je me pose sous un abri vélo pour garder le siège au sec. Je file récupérer ma bouée et je repars dans la foulée en direction du sillon.
A peine un kilomètre de fait et là... le déluge...
Je m'arrête dès que possible pour mettre mon pantalon de pluie mais il est déjà trop tard, je ne suis plus au sec... je ne tarde pas pour remettre les watts... le ciel est sombre et les mares fleurissent dans les portions creuses.

Je profite de mes "connaissances" pour stationner la bécane à l'abri, dans le garage du 22 de la rue du Calvaire... une adresse "originale" pour un établissement tel que celui ci, lol, bien sûr non sans avoir demandé l'autorisation du tôlier présent.
Mon pantalon est trempé, mon manteau bien sûr, les gants, le pull, le tee shirt aussi, sans oublier les chaussettes et même ma cagoule. Le retour va être très humide.

Je mets ma tenue de "combat", je gonfle ma belle bouée et après avoir rétréci la longe, je la fixe à ma ceinture pour prendre la direction de la plage. Il pleut, mais bon, en tenue de nat, ça ne me gêne pas le moins du monde.
Les badauds me regardent avec surprise depuis l'autre côté de la rue, à-demi cachés sous leur parapluie, le col remonté sous le menton ; il ne leur manquent plus que les gants et les bottes, ah ah ah.

Je traverse la route et me voilà sur le sillon. La mer est assez loin, mais en phase montante, j'aurai moins à marcher au retour. Le bonnet sur les oreilles j'installe les lunettes "Finis" et arpente les derniers hectomètres de sable pour aller prendre mon bain. L'eau est plutôt bonne, pour ne pas dire agréable. Quelques pas et je m'immerge ; bon là elle est moins chaude mais ça va le faire.

Je mets mes 1/2 paddles et je m'allonge pour entamer les premiers mouvements de crawl. Je sens quand même que ça va être long. La pluie m'empêche de voir le bout du sillon, ou tout au moins de le distinguer clairement. Sans assistance, je préfère rester proche du bord pour, en cas de soucis, sortir ou me poser sans difficulté. Le sol sableux se déroule sous mes yeux, l'eau est transparente, même si très salée.

Je ne cesse de penser à Marine, Dany, Perinne et Cyril, et les autres, ces stars de l'Enduroman... je rêve à leur exploit et plus particulièrement à leur traversée de la manche... un truc de fou ! 17 ou 20 H là-dedans, entre Douvres et Calais. Quelque part je le désire mais mon cerveau me reconnecte à la réalité quand j’enchaîne mes mouvements alors que ma montre n'indique que 100m puis 110, 115... allez courage Nico plus que... 5 kilomètres !!! ou plus... lol

Au loin le ballet de planches à voile m'intrigue avant de m'inquiéter. La mer continue de monter et les vagues blanchissent au moment d'atteindre la plage. Je décide de prendre un peu plus le large pour éviter de prendre trop de baffes et avaler des litres d'eau salée à
chaque respi du côté gauche. Je passe devant les termes, c'est là qu'il y a deux ans on faisait notre sortie à l'australienne, pendant la nat de l'Ironcorsair. Que de souvenirs ! Et ouais Dany aussi y était, un signe peut-être :).

Je continue d'enchainer les trois temps et très vite j'atteins le 1er kilomètre après seulement 20 minutes. Je me sens bien et j'avoue prendre un peu de plaisir à engranger les "mètres". Je me rapproche progressivement de l'école des véliplanchistes et j'opte pour un écart près du bord pour ne pas gêner ou me faire embrocher. Les vagues sont
pénibles et régulièrement je prends de belles baffes au moment de sortir le nez de l'eau. Je décide alors de nager en 4 temps, toujours du côté droit pour palier à ces problème. De temps en temps je jette quand même un œil devant pour localiser les planches. De temps en temps mes mains touchent le sable tellement je suis prêt du bord. Je ne vois pas le
fond, les remous des vagues font voler le sable et les algues. Sur le sillon, les voitures ont leurs phares allumés comme le ciel s'assombrit. Les marcheurs, certes rares, sont chaudement habillés et capuchés quand ils n'ont pas de parapluie. Je ne sais même pas s'ils me voient, ou alors je ne suis qu'un fou de plus pour eux.

Je passe la dernière planche alors j'en profite pour reprendre un peu le large et retrouver un mer transparente et moins agitée. Déjà 1600m de fait, du coup je sais que j'en ferai au moins 3200 ; mais je compte bien en faire plus, lol, je n'ai pas fait autant de route pour si peu, lol'2. Plus j'approche du bout du sillon, plus je me sens porté par le courant,
c'est vraiment agréable mais je crains pour le retour.
La mer devient plus sombre, dans les tons marrons et une odeur bizarre, type "poisson pourri" se dégage plus j'approche dus rochers. Les algues aussi se multiplient ; ce côté "agréable" de caresser les algues des mains ou du visage me fait encore penser à l'Enduroman... traverser la Manche en esquivant les troncs d'arbres, les méduses, ou pourquoi pas passer dans une zone de dégazage, se retrouver nez à nez avec un phoque comme la célèbre L9 du la cale de Pleudihien... ouuuu ça donne envie !

Bref, voilà déjà 2000m au compteur avec à peu près 40 minutes à la Garmin, au moment de faire demi-tour. Il pleut toujours autant mais peu m'importe je nage.

Par contre je me rends très vite compte que je suis à contre-courant. Il me faut redoubler d'effort pour garder une allure digne de ce nom et ce, malgré les 1/2 paddles. Les épaules chauffent et je décide de m'éloigner d'avantage du bord pour pouvoir être plus à l'aise et moins chahuté par les vagues de plus en plus fortes et "moussantes" :)

L'eau reste trouble dans ce bout de mer. J'aperçois, loin devant le balai des planches, mais... loin. Grrr

Je continue de forcer un peu plus qu'à l'aller. Je commence à ressentir des crampes dans le mollet droit. Je bats un peu des pieds pour essayer de faire circuler le sang mais je sais que c'est temporaire. Va falloir que je trouve une soluce efficace pour contrer ce bug, ça me gave !
2100, 2200, 2300... le cou commence à son tour à me brûler ; j'arrête de nager pour essayer d'ajuster mon tour de cou et je repars. A peine 50m et je retente de mieux le positionner mais rien n'y fait.
Après encore une centaine de mètres encore je l'enlève finalement, tant bien que mal... pas évident quand on ne touche pas le sol de rester hors de l'eau pour enlever un tour de cou, lol. Je l'insère dans la combi et c'est reparti avec un filet d'eau fraîche qui me rentre dans le dos et glisse le long du bras droit. Brrrr ce n'est pas si chaud que ça du coup, mais bon plus que... ben encore la moitié du coup.

Je reprends une nage correcte en forçant un peu moins, sans doute le courant qui est moins fort. Quelques algues encore qui me caressent le visage, pffff ça fait bizarre quand tu ne les vois pas arriver ; je m'imagine dans la manche, quelque part entre Douvres et Calais, à 3 heures du mat'... au milieu de ces algues, sans un bruit avec pour seul "copain" le vide et un bateau qui avance à deux et demi à l'heure. T'es là, stress en poche, la nuit, avec une algue qui vient de frotter le nez, mais si c'était une méduse, un phoque, un marsouin, euh....
brrrrrrrr, on change de chapitre et on rallume la lumière !

Les bras continuent de tourner, déjà 3000m au chrono, un peu plus d'une heure et les frottements dans le cou entre la combi et la peau sont de plus en plus douloureux, ça me brûle. Heureusement la fraicheur de l'eau atténue un peu cette sensation mais je crains le résultat final. Je slalome entre les planches qui sont bien plus espacées qu'à l'aller,
pas question de rester sans s'en soucier, il y a beaucoup de débutants, alors je reste sur mes gardes, avec une pointe de stress quand même.

3100, 3150, 3180, aïe aïe aïe, ça brûle et maintenant c'est le bracelet de ma montre qui me pince la peau avec la combi. Décidément cette "petite" sortie va me permettre de tirer beaucoup d'enseignements, il faut voir le positif même si sur le moment tout n'est pas agréable. 3400, 3500, je commence à revoir le point de départ mais j'ai envie d'aller plus loin, ne pas m'arrêter à une "simple" distance Ironman ; 3800 ça devient trop "banal".

Le courant semble désormais être plus favorable et malgré les brûlures au cou j'avance avec beaucoup de plaisir et aussi de fierté ; l'exploit de Marine, Perrine, Cyril ou Dany me donne des ailes et me fait relativiser sur cette discipline que je n'aime pas. Je regrette presque de ne pas m'être mis plus tôt à nager en mer, aussi longtemps. Mais bon sans réel objectif on n'a pas vraiment l'envie ou le besoin alors on ne s'y met pas.




Les 4000m après 1H35 sont passés et je décide de poursuivre jusqu'au fort, près de l'entrée d'Intra-Muros. Je nage le long des brise-lames ; le décor est splendide. Le ciel gris foncé derrière les immeubles fait ressortir ces derniers, avec les vagues de mousses à quelques mètres de moi on se croirait un soir de tempête, mais en moins pire heureusement.
Ces couleurs orangées et bleutées sur ce fond gris me donnent la chair de poule, je me sens bien dans cette eau fraiche, c'est con, comme quoi parfois les petits plaisirs ne tiennent pas à grand chose. Au loin derrière le fort, j'aperçois la côte de Dinard, j'ai trop envie de pousser plus loin la balade... une autre fois pourquoi pas.

Je passe le casino et je vois tout près les "murs" d'Intra. Allez, soyons sage, déjà 4700m au compteur il est temps de faire demi-tour, ce soir je dois être au boulot à 20H30 !

Ouch... le courant s'oppose à ma progression, le retour va être long, il doit rester 8 ou 900m je ne sais plus trop.Bizarrement dans ce sens mes respirations du côté gauche, celui de ma
montre et du large, sont synonymes de claque et de tasse d'eau salée. Bizarre, alors je reprends le 4 temps. Mes crampes se multiplient dans les deux mollets, m'obligeant à nager la brasse avec les jambes et le crawl avec les bras ; essayez vous verrez ce n'est pas évidement du tout mais c'est pratique pour les crampes, mais temporaire malheureusement.
Je ne vois plus que les bâtiments du sillon et les brise-lames pour éviter de boire la tasse. Je distingue à peine les passants capuchés, ceux avec les parapluies, les bus et les voitures éclairés dans cette ambiance sombre.
Quelqu'un me verrait-il si je criait au-secours ? Bonne question, je préfère ne pas avoir la réponse, je suis bien, petit au milieu de cette immensité mais bien. Un kayak à côté ce s'rait sympa, on verra la prochaine fois ; avoir à bore de temps en temps, une parole, un mot, histoire de ne plus être tout seul même si ça fait du bien. Je suis loin de tout, loin de mon portable, de candy crush, de mes mails, de mes soucis.

Une première barrière perpendiculaire de brise-lames passe, à la prochaine il sera l'heure de sortir.
Le courant est contre moi mais j'appuie un peu plus sur les paddles et ça le fait.
Les crampes reviennent, repartent, comme la brûlure du coup, tant pis on fait avec, mais il faudra que je vois avec les habitués ce qu'ils peuvent me donner comme solution pour les éviter. A vos claviers les jeunes !

La deuxième barrière approche et déjà 5500m au chrono, le pied, j'ai pourtant envie de rester dans l'eau et de continuer... pour un gars qui n'aime pas nager c'est encourageant !
5530, 5550, 55560, je vire à droite et me fais secouer par les vagues plus j'approche du bord.
5575, 80, 95...

Voilà, après 5601 m de nage je sors de l'eau, fier de ma sortie et ravi d'avoir créé un nouveau record perso, tout ça pour 2H15, soit 2'25 au 100m. Et dire que Dany ou Cyril tournent à 1'30, rapporté à mon niveau ça me ferait presque un tour d'horloge pour traverser la Manche, oh putain de dieu !!! Et encore là, j'avais les 1/2 paddles...



Ma marche est difficile, je titube, mes pieds semblent avoir du mal à fixer l'équilibre.
Sous les yeux étonnés d'un couple habillé jusqu'au nez j'enlève mes paddles, mes lunettes et mon bonnet avant de dégrafer le haut de ma combi. En passant la main sur le coup, je sens que c'est gonflé... ça va piquer ce soir au taf cette connerie.

J'ai les pieds frais mais une fois sur le bitume qui me ramène au commissariat je ne sens pas plus que ça les graviers et autres aspérités du revêtement, je suis immunisé, lol.

Au moment d'arriver devant le portail du ciat, les collègues partent en inter, je reconnais Jean-Marie qui me salue. Je profite de l'ouverture pour rentrer das le garage et me désaper près de ma moto. J'ai de plus en
plus froid alors je m'habille... mais avec mes vêtements mouillés, que du bonheur... le retour va être agréable, je le savoure déjà.Je vais rapido et tremblant à l'intermarché d'à côté acheter une canette de coca et une boite de déli-choc comme je n'ai pas de monnaie pour la cafet du taf malouin. Je vide la boite et avale les bulles avant de mettre mon pantalon de
pluie, mon blouson détrempé et ma cagoule "humidement" froide avant de chausser le casque et les gants de cuir plus qu'humides.

C'est parti pour 75 bornes de flotte...

Le départ est potable il ne pleut plus trop, les voitures sur la 4 voies ne me balancent pas trop de flotte, mais un peu quand même alors je reste sur la voie de gauche. Le compteur oscille entre 80 et 95, pas plus, j'appréhende l'aqua-planning. A partir de Chateauneuf la pluie redouble d'intensité. La visibilité diminue, les gouttes s'amoncellent sur la visière, c'est l'enfer. J'aurais du, j'aurais pu... aller chercher la Mégane, tant pis, c'est fait, on verra la prochaine fois. Le dernier album de calogéro dans les oreilles me réchauffe un peu.

Le ciel devient de plus en plus gris, il fait sombre, c'est l'horreur sur la route. Des ballets de bagnoles en face mais aussi de mon côté, on voit que les journées magasin sont terminées, il est 18H15. J'ai froid, je me sens mouillé et j'ai trop peur de glisser et d'aller me vautrer sous la glissière... pourtant je suis prudent et je ne dépasse pas le 90/95.
Les kilomètres défilent, Tinténiac, Hédé, Vignoc...

Le ciel s'éclaircit et la pluie diminue quelque peu mais ce peu c'est déjà ça. La musique dans mes écouteurs s'est éteinte, je pensais pourtant avoir chargé au max la batterie, tant pis.

Enfin Montgermont, je sors pour m'engager sur la D29 en direction de Pacé ou une douche bien chaude m'attend. Encore ce rond point à passer en dépassant prudemment et en première la
file de voitures cul à cul dans ce rond point mal étudié. Je stoppe enfin la transalp sous le porche de mon appart. Les pas qui me mènent à l'appart font floc-floc-floc...

Je vous passe la suite, je vous laisse la deviner... bien sûr encore de l'eau, mais chaude cette fois, en musique !




J'ai déjà hâte d'y retourner c'est dire si ce putain de défi Enduroman... pour ne pas dire "Endure le mal" pour le moment inaccessible et dénué de toute logique me fait briller les yeux. Mais pourquoi, il parait que je n'ai rien à prouver à personne à part peut-être à moi-même mais quoi ? Peu importe, j'aime les choses originales, les choses que personne d'autre ne fait ou peu de personnes font, les choses qui changent de la routine. Et à celles ou ceux qui me disent que c'est un truc fou, débile, irresponsable, dangereux, je répondrai qu'il faut bien "mourir" de quelque chose, alors si c'est en s'épanouissant ou en se faisant plaisir c'est mieux que dans sont lit ou dans un accident de la route à cause d'un alcoolo.

L'homme est capable de beaucoup quand son mental et son organisme sont de paire, alors tant que je pourrai utiliser mes jambes, mes bras et mon corps pour faire tout ce que je peux, je ne m'en priverai pas, ne serait-ce que par respect pour celles et ceux que la vie n'a pas épargné au point de les clouer dans un fauteuil ou sur un lit, à vie !

Merci de m'avoir lu, en espérant vous avoir fait profiter au mieux de cette expédition que j'ai eu malgré tout les éléments extérieurs défavorables, beaucoup de plaisir à vivre.

@llez, la suite au prochain épisode ! Bye...

 


30/09/2018

Dany.. champion de l'EnduroMan !

posté à 13h13 dans "Saison 2018"

Hello,
voilà une semaine, Dany (Perray) s'élançait de Marble Arch à Londres pour un triathlon extrême baptisé ENUROMAN Arch to Arc !

L'Enduroman c'est quoi ?

Tout est écrit ICI sur le site de l'orga mais pour "résumer", c'est une course unique qui peut se faire en solo ou en équipe.

L'objectif est donc de relier Londres à ¨Paris en débutant par 87 miles (soit 140 kms) de course à pieds de Marble Arch à Douvres. Ensuite, il faut enfiler la combinaison (enfin ce n'est pes obligatoire mais...) pour traverser la manche en nageant. La distance la plus courte est de 21 miles (soit 33.7 kms) mais en raison des courants et des marées, en général les traverser sont plus prêtes des 40 kils.
Enfin, pour terminer il faut enfourcher son vélo pour rejoindre l'Arc de Triomphe de la capitale française. Une étape de "seulement" 181 miles (291 kms si tout va bien).

Contrairement à une épreuve "normale" bien qu'extrême, l'Eduro'Man ne se court pas une fois par an avec plusieurs concurrents mais il y a plusieurs éditions par an, mais avec un seul compétiteur à chaque fois, ou une seule équipe. De quoi augmenter le "stress" et l'anonymat, ce qui est un peu dommage pour ce type d'épreuve ; déjà que le triathlon n'est pas très médiatisé alors là, c'est peau de chagrin. Bref...


Depuis Edgar Ette (GB) ils sont 34 à avoir réussi ce pari en "solo"...
Le record masculin de 59H56' est détenu depuis 2016 par le français Cyril Blanchard, et chez les femmes c'est aussi une française, Perrine Fagès qui en 67H21 cette année a détonné Marine Leleu (française également) pour "seulement" 2H30.

NOTA : dans ce timing est inclus la "pause" sommeil entre chaque épreuve... donc une fois parti, c'est à chacun de gérer sa course comme il l'entend.

Dany s'est donc élancé dimanche dernier pour tenter de battre ce record en plus bien évidemment de finir le périple.

Mais au fait, qui est Dany ?

Dany est un triathlète "presque" comme les autres, je dis presque parce que Dany accumule les épreuves "longues"... Nous étions ensemble à l'Ironcorsair de St-Malo en 2016 mais ne le connaissant pas encore, il était comme moi et pour moi, un anonyme. Au final il a bouclé le trip en 10H12 alors qu'il m'avait fallu presque 2H de plus. Ce manager de transport dans le domaine pro les accumule quand même parce que cette année là il a fini, et de belle manière, l'Ironcorsair de St-Malo donc, l'Altriman (excusez du peu vu le D+ de montagne aux Angles) en 15H35 (37ème), l'Ironman de Nice en 10H37, celui de Vichy en 9H57, l'Evergreen (le 228 XXL de Chamonix/Mont-Blanc) en 21H17 c'est pour dire le degré de difficulté, le Ch'triman en 10H37 et pour finir, le Frenchman en 10H32...
Bref un triathlète "un peu" comme les autres, lol, parce que pour faire avec ces chronos 6 XXL dans la même année, vous m'avez compris.

Avec cette phrase : « Si courir pour soi dans les courses extrêmes est douloureux, foncièrement inutile et plutôt égocentrique, courir pour l’autre me donne alors un véritable sens à ma passion » il résume tout à fait son objectif parce que Dany ne fais pas ou plus du sport que pour lui.

Dany soutien cette asso AEVE : Autisme Espoir Vers L'Ecole.
Vous pouvez toujours les aider en leur envoyant un petit mot doux accompagné de quelques pépètes, n'hésitez surtout pas :)

Voilà donc pour planter un peu le décor...

Dimanche 23 septembre, à 21H Dany a donc pris le départ de sa course... pour boucler les 140 km de course à pieds.
18H57, ce sera le timing réalisé pour cette belle "balade" pédestre, soit une moyenne de 8'07 au kilo, bref une allure qui sur la distance est loin d''^tre de tout repos, même si dans ce timing sont comptées les pauses miam-miam et "vidanges".



La T1 (transition entre la CAP et la NAT n'a duré que 5H23 dont seulement 1H30 de vrai sommeil.
Il était presque 21H quand le soir, de nuit, il s'est jeté à l'eau pour l'épreuve qui pour moi est la plus difficile, la plus compliquée, la plus éprouvante, traverser la manche à la nage, qui plus est, de nuit (en partie).



Quand je voit ce tracé... moi qui n'aime pas nager plus que ça, je me dis que nager 8 km de plus à cause des marées... c'est abusé (même si physiquement ce doit être moins éprouvant que de nager en ligne droite. Mais quand même... 8 bornes pour moi dans ces conditions ce serait au moins 4 H voir 5 de plus.



Il ne lui aura fallu "que" 17H43 pour traverser cette mer "plate" et froide et rejoindre le continent français, sans oublier qu'il a fallu boire et manger sans sortir de l'eau. Chapeau bas m'sieur !

Dans sa tête, battre le record est forcément en train de le faire cogiter et du coup après seulement 4H23 de T2 (transition entre la nat et le bike) dont seulement 1H30 de sommeil, c'est reparti sur le vélo.

Près de 300 bornes à boucler de nuit en grande partie également puisque parti vers 19H ce mardi.
Une vitesse de "cyclo" mais après un tel "échauffement", en comptant là aussi quelques pauses, j'avoue que la machine avançait bien vite quand même dans cette épreuve ; mais bon l'homme n'est-il pas une machine, à ce niveau ? :)



Malheureusement les bouchons parisiens ont un peu gâché le "rêve" et l'exploit. Pourquoi ?
L'organisateur doit toujours être présent aux côtés du compétiteur mais comme il était en voiture, Dany a du se conformer au règlement et attendre patiemment que le flot de circulation se fluidifie pour arriver enfin, après 60H18 sous l'Arc de Triomphe. A seulement 23 près il battait le record et accrochant son nom au plus haut du palmarès de cette épreuve. Je conçois bien évidemment que l'on puisse verser une larme de dépit face à la situation, surtout quand on connait la raison... peut-être que l'organisateur pourrait, dans les années à venir, envisager de se déplacer en scooter ou à vélo pour permettre de respecter au maximum la "facilité de déplacement" dans le final et garantir au compétiteur une course optimale.



Je te félicite une fois de plus Dany pour cet exploit et pour ton soutien pour l'AEVE.
Je remercie toutes celles et ceux qui m'ont permis de suivre en live via facebook ton épopée aussi.
Bravo à elles et eux de t'avoir soutenu, aidé et encouragé.

Après avoir découvert cette épreuve avec tes affiches placardées dans tout l'ouest et visionné à plusieurs reprises la vidéo de l'Enduroman de Marine Leleu, j'ai compris ce qu'était réellement cette course ; j'ai encore plus envie aujourd'hui de la tenter un jour, sincèrement.
Je vais d'abord devoir m’entraîner à nager longtemps, très longtemps, en mer aussi pour voir ce que c'est quand on fait plus de 4 bornes en buvant du sel, du mazout, en slalomant les morceaux de bois ou les bouteilles en plastique. Je vais devoir ré-apprendre comme pour l'Embrunman en 2009 à me forger le mental et à bouffer du training pour savoir si déjà j'en serai capable... après il faudra que je discute avec le champion, s'il accepte, de toute la logistique : coût financier, accompagnateurs(trices), matériel, etc... pour savoir si mes épaules supporteront.



Encore BRAVOOOOOOOOOO champion, RESPECT à toi.
Bonne récup désormais jusqu'au prochain défi.

@llez, la suite au prochain épisode ! Bye...


PS : voici quelques belles lignes que Dany a eu la gentillesse de poster sur ma page FB suite à cet artcile.
Merci champion :

Mr Nicolas Vrds, avant tout merci pour cette synthèse de la course. Il faut comprendre que l'Arch to Arc c'est une course dont le chrono est lancé à Marble Arch et est arrêté sous l'Arc de Triomphe. TOUT CE QUI SE PASSE ENTRE LES 2 FAIT PARTIE INTÉGRANTE DE LA COURSE. Je suis une personne qui a un total contrôle de ses émotions en course. Mais lorsque je me suis retrouvé sous Marble Arch......whaouuuu, des frissons m'ont parcourus et je me suis dit :" Rien que le fait d'être ici est une performance, le reste...anyway!". Le plus dur pour moi dans tout ce périple fût la course à pied, elle est démentielle. 144kms de bitume, pas un mètre de plat avec une seule idée en tête, courir le plus lentement possible pour arriver à Douvres. Il faut comprendre que plus vous allez courir vite, plus votre temps de repos se devra être long mais surtout plus votre physique sera entamé. Donc il vaut mieux faire un 18h + 6h qu'un 14h + 10h, au final on pourrait croire au même résultat alors que dans la 1ère hypothèse votre physique sera bcp plus "frais". Ce que je retiens de la CàP, c'est que je n'ai jamais fait une course aussi dure, je l'avais annoncé avant la course, une fois la CàP passée, la course serait pratiquement finie. Concernant la natation, je ferais une synthèse en disant qu'elle s'est relativement bien passée (c'est vraiment une grosse synthèse ;) ). Pour le vélo, il faut que je précise une chose. Depuis la moitié de la course je savais que j'étais sous les temps de Cyril. Ce fût uniquement mon leitmotiv car j'ai vu en cela un BOOST extraordinaire pour faire la promotion de l'Aeve (presse, télé, radio etc), j'ai connu une telle joie sur le vélo que je n'ai pas vu passer les 278kms...jusqu'à l'arrivée à Paris. Encore une fois je ferais la synthèse, l’ascenseur émotionnelle fut dramatique pour moi, mes rêves s'envolèrent. Lorsque je suis arrivée sur le rond point de l'Arche, j'étais détruit et je me serais enfui tellement j'avais honte de moi. La photo jointe est bouleversante, je suis avec Nadège Guillemot et Léna,et je passe mon temps à m'excuser de ne pas avoir été "meilleur". J'ai gâché les 15 premières minutes à me morfondre avec mes amis, jusqu'au moment ou j'ai eu Cyril Blanchard au tél qui m'a réconforté (Les French Enduroman sont une famille soudée, Perrine Fages, Marine LELEU, Nino Fraguela, Défi 41). C'est à partir de ce moment que j'ai pu prendre plaisir. L'article de l'Equipe est pleins de petites erreurs et j'ai eu l'impression que ma cause fut reprise "politiquement" envers Anne Hidalgo. Par contre, la dramaturgie de l'histoire eue un réel boost sur les demandes d'interview ;) . Une dernière chose qui à son importance, le staff d' Edgar Ette (Dan mon observateur, Mike Oram le pilote et Edgar) est littéralement à votre service et sont les personnes les plus bienveillantes que j'ai connue sur une course, vous pouvez sans soucis remettre votre "vie" entre leurs mains. Sportivement #aeve

 




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