23/03/2015

Quand l'Ecotrail, rime avec aïe aïe aïe !

posté à 14h42 dans "Saison 2015"

Hello,
pour celles ou ceux qui n'ont pas pu suivre le LIVE de mon Ecotrail samedi, je ne pourrai pas, ici, vous "résumer" en quelques lignes ce qu'à été cette course : ses rires, ses larmes aussi, les douleurs et le bonheur qu'elle a pu me procurer...

En voici toutefois quelques grandes lignes...

Comme les deux années précédentes, je suis entré dans le "sas" du départ, en pôle position, accompagné de Cédric de Nature Trail, rencontré à malaga au Kalenj i press-camp, pour venir me placer, comme à mon habitude, sur la ligne de départ. C'est tellement plus agréable que de se retrouver "confiné" au milieu d'une foule de près de 2200 trailers(euses) qui, au départ du chrono, oblige à piétiner pendant plusieurs kilomètres le temps de trouver sa vitesse de croisière, tout en scrutant comme on peut les imperfections du sol entre deux semelles, pour éviter la chute...
Bien sûr ça oblige à partir comme un "barjot" et tenir cette cadence au moins 500 mètres pour ne pas non plus gêner les favoris... mais ça, je sais faire ! lol

Et puis si certains échouent au pied du podium en se disant : "j'ai mené la course pendant 1 heure, 20 kms mais il y a eu plus fort...", de mon côté je peux aussi dire : "j'étais en tête du 80 de l'Ecotrail de Paris"... mdr


Crédit photo : Lepape-info


Un départ "canon" comme à mon habitude donc, me permettant d'encourager Vivien, le breton de Bruz qui a remporté le 66 kms de l'Endu'rance Trail des Corsaires, trois semaines avant (j'y étais aussi...), et Erik, Champion du monde de Trail en 2011. Dans l'attente de la vidéo de ma course, voici juste un petit extrait de ce qu'il faut faire au départ pour "rester devant"... ça vous dit la prochaine fois de m'accompagner ?



Sur les conseils du "maître Dawa" rencontré la veille au stand BV Sport, sur le salon du tourisme en récupérant mon dossard, j'ai décidé de "calmer" mon allure, et contrairement années précédentes de plus me focaliser sur une allure régulière pour ne pas "exploser" après 20, 30 ou 40 kilomètres...

Bien évidemment, je me fais sans cesse doubler... à noter qu'au Km 23.4, au ravitaillement de BUC, je suis classé 766ème après 2H13 de course. Pour info en 2014 je pointais à la 370ème place avec un chrono de 7' inférieur.



Mon allure est bonne, les sensations sont là. Il fait un peu frais mais c'est à mon sens optimal pour ne pas faire surchauffer la machine comme l'an passé. Je m'alimente régulièrement et m'hydrate toutes les 5/7 minutes. Les bosses commencent à faire leur apparition. J'utilise une "technique" de balancé de bras pour monter en marchant (à noter que personne n'a envie ou la force de courir... lol). Le fait de balancer mes bras donne un rythme qui oblige les gambettes à conserver l'allure... je remonte petit à petit des unités et dès que le circuit redevient plat, la relance est moins difficile. Contrairement à 2013 et 2014, je ne suis pas obligé de m'arrêter en haut des bosses ou de marcher pour reprendre des forces ou mon souffle...

Du coup je reprends encore des "places"... c'est bon signe... Merciiiiiii m'sieur Dawa !!! Est-ce la sagesse de mon âge vieillissant qui commence à prendre le dessus sur ma fougue, ou l'expérience des "mentors" ?

27, 28... 30.
Le chrono du 30ème kilo n'est pas "négatif", loin de là. Je suis en 3H15, soit seulement 15' de diff par rapport à l'année passée. Pas de fatigue, tous les voyants sont au vert... je commence à croire que mon Merlu préféré (hein mon Bruno... j'aurais tant aimé te donner raison...) n'était peut-être pas dans le faux... et si les 9 heures étaient jouables ?

Je continue, calme et prudent... jusqu'au 31ème kil...
Je lui en veux à ce gars au short/baggy bleu ciel et ses manchons blancs "sales"... sa queue de poisson dans son dépassement un peu cavalier m'oblige à faire un écart... le pied gauche part dans une ornière et en essayant de contrer la blessure pour remettre la foulée sur un bon appui, c'est ma rotule qui prend cher !
Un instant que crois que s'en est terminé ! Je dois m'arrêter, les larmes coulent... je me pose un peu, je marche quelques mètres... là ce n'est plus drôle du tout.
J'alterne longues marches et légers trots, très légers, trop légers, mais au fond je sais que si ne mets pas le clignotant avant la fin, ça va être dur, très dur, peut-être même trop dur. C'est douloureux, très douloureux, trop douloureux, mais ce qui me rassure c'est que le "bobo" n'enfle pas trop...

Je profite des longues "marches" pour lire et relire les p'tits mots qui ne cessent d'affluer sur mon Samsung. Facebook, Messenger, SMS, coups de fil, c'est top, et ça m'évite de flancher... Merci à toutes et tous !



J'essaie malgré tout de "garder le souriiire" comme le chante "Black M <(i>dédicace à ma "petiote", lol). Pas évident en se disant qu'il reste plus de 40 kms à "courir"...
Bref.

L'équipe des pompiers du PRA : Pompier - Raid - Aventure, me reprends et avant de me doubler entonne "Ils ont des chapeaux ronds... vive la Bretagne", en remarquant mon drapeau à hermines sur mon sac. Il faut dire que nous sommes partout, nous les "breizhous", à l'instar de ce célèbre et non moins sympathique présentateur TV Samuel, qui faisait partie du groupe "orangé".


Crédit photo : PRA : Pompier - Raid - Aventure


La vitesse est ralentie... je reprends du monde dans les bosses, mais j'en perds dix fois plus sur le plat et dans les descentes. Dommage, les descentes j'adore, surtout quand c'est accidenté et délicat. Là, à part marcher en évitant les a-coups et les torsions trop brutales, je ne fais que subir. Tant pis, c'est la loi du sport, on ne peut pas toujours être "bien" !

Malgré tout les kilomètres s'enchainent et je parviens difficilement au 45ème, au ravito en eau de l'observatoire de Meudon. Bizarrement je n'ai "perdu" que 31 places (l'an dernier j'en perdait 71). Et côté chrono je passe en 5H15 alors qu'en 2014, j'étais en 5H08. C'est là que je me rends compte que le fat d'être parti plus "calmement" était la solution. Je prends une bonne dizaine de minutes de pause pour remplir la poche du camelbak et mettre ma veste, avec ce petit air qui souffle, ce sera plus prudent pour finir "au chaud". Dommage qu'ils ne fassent pas de ce point un ravito plus complet... il n'y a que de l'eau ! Un peu de coca (pas du pepsi, please, c'est moins bon, avec un peu de saucisson et des TUC ça aurait été top)... Mais la douleur s'intensifie dans la descente puis en gravissant les marches du grand parc une fois reparti. Je n'aurais pas du m'arrêter.

L'ambiance devient de moins souriante et la nuit commence à tomber.
Comme la plupart de mes accompagnateurs du moment, j'installe la frontale pour palier aux carences lumineuses. na nouvelle Petzl NAO 2 est au top, un vrai phare de voiture, j'adore.

Plaisir éphémère puisqu'près seulement 1 kilomètre, la frontale s'arrête d'un coup... pas d'éclairage dégressif pouvant laisser penser à un manque de charge, un STOP net !
Tant pis on va faire avec.. ou plutôt SANS !
Décidément, il y a des jours ou tout ne va pas... je croyais pourtant avoir eu mon lot de "négatif". La Tour Eiffel ne veut pas de moi ce soir ?
Déjà que la veille je n'avais pas pu avoir mon accréditation presse pour aller suivre la Verticale !



La difficulté de progression en milieu sombre et "hostile", à laquelle s'joute la douleur ne présage rien de bien. Le froid est encore plus présent et bizarrement, je semble ressentir de moins en moins la difficulté à trottiner. est-ce que le froid annihile la douleur du genou ? Bonne question, mais peu importe, j'en profite et continue mon avancée. L'arrivée à Chaville est moins laborieuse que je le pensais. Le chrono est de 6H55 à ce km 56.8. Seulement 9' de "retard" par rapport à l'an dernier... cqfd !
J'ai quand même perdu 190 places au classement... c'est énorme !

C'est de plus en plus compliqué de progresser dans l'obscurité ! Ce n'est pas le fait de ne pas avoir de frontale, les yeux s'habituent et perçoivent assez bien les aspérités du sol. Non, le problème c'est toutes ces frontales qui me suivent et qui font varier la luminosité faisant ainsi perdre à mes yeux la notion de "nuit".

Pas de magasin ouvert sur le tracé, même pas cette station essence en traversant cette portion bitumée. Je ne cesse de me faire rappeler à l'ordre par les bénévoles... je déteste cette situation, et comme je n'aime pas "profiter" des autres, je me refuse à me "coller" à un groupe pour y voir clair. Tant pis !

Ou détour d'un carrefour, je me dirige vers le staff technique de la Joëlette du PRA. La gentillesse du pompier présent me permet, après 10 minutes de "bricolage" de repartir avec un faisceau lumineux sortant de ma NAO2. Merci m'sieur... vraiment sympa...

Petit à petit, le domaine de St-Cloud approche. Mais l'allure a largement baissé avec ce soucis "technique". Je passe au 69ème après 8H44 de course, soit près de 25' de + qu'en 2014. Par contre j'ai repris 53 places au classement. Comme quoi quand on est une "lumière", on progresse mieux ! lol

Mais bon, à force de "compenser" à droite pour alléger la rotule gauche... c'est le genou droit qui maintenant "grince". Et pas que, le dos déguste aussi et le moral commence à flancher. Mais bon avec la vue de la Tour Eiffel au fond de ce beau panorama, il n'est pas l'heure de se dire : "Stop ou encore ?".
On ne bâche pas une course, encore moins si près du but... même si je pointe désormais à la 924ème place.



Une fois restauré, je repars, tout doucement dans la descente avant d'aborder la "chiante" partie bitumée, alternant entre zones de travaux et carrefours où il faut attendre que les feux passent au vert pour pouvoir traverser pour ne pas se faire shooter par les usagers de la route.

Ça commence à devenir bon, dans cette portion où en 2013 et 2014 je gagnais des places encore au classement, malheureusement, mon allure qui me fait cancaner ne me le permets pas cette année. La "pression" retombe et si parfois mes yeux se fardent en voyant la vieille dame qui s'approche de plus en plus, je sais désormais que je vais enfin pouvoir monter ces marches salvatrices que j'attendais tant.



J'alterne marche et trot (enfin à 8 ou 9' au kilo...) sur les quais de Seine. Je ne cesse de me faire "manger" par celles ou ceux qui en ont encore sous la pédale en voyant la foule qui s'st amassée (enfin quelques centaines personnes qui sont surement venues attendre les membres de leur famille qui couraient... lol)le long des barrières sous piliers de la tour...

Encore quelques mètres, une petite vérif du sac et la remise du ticket de "descente" (on se demande pourquoi d'ailleurs... bref) et ça y est je commence à grimper les 360 marches qui me mènent au 1er étage !



Plus que quelques marches... et ça y est...

Après 10H26, en 969ème position, je stoppe le chrono de ma Garmin... heureux d'avoir pu terminer cette course très bien débutée mais qui à cause de cette blessure aurait pu vite tourner court...



Vos soutiens, vos encouragements m'ont permis de ne pas lâcher le morceau et de vous faire vivre jusque la dernière minute mon trip, je vous en remercie.

Un p'tit merci particulier à mon estonien préféré, Pat'la menace qui, à l'occasion d'un passage dans la capitale m'a fait la surprise de venir m'accueillir au premier étage (il avait pris l'ascenseur lui... lol).
C'est bizarre, mais quand je fais une course comme celle-là, même si je suis très "ouvert" vers l'extérieur, facebook, etc... je suis comme dans ma bulle, très solitaire. Je reste très "intérieur" et profite très égoïstement de mon plaisir sportif. Difficile de vous le faire partager.
Même si pour moi c'est important de diffuser des messages, de vous faire partager mes courses, bref de m'extérioriser un peu (toutes proportions gardées quand même), je suis et reste très égoïste. Je vous dois beaucoup pour cette course mais pour en arriver il faut des heures d'entrainement, de sacrifices aussi que vous ne voyez/lisez que de façon très minime. Sans ces moments parfois très durs aussi je ne parviendrais pas à "boucler" mes objectifs.

"Entraînements difficiles, courses faciles" dit-on. Je ne dirais pas que cette course fut "facile" loin de là, c'est pourquoi il va falloir que je me remette sérieusement un entrainement digne de ce nom si je ne veux pas que le GR73 rime avec galère...
D'ici là, le 19 avril on verra ce que vaut un Nico35 en mode "sortie longue" au marathon de Nantes...

Voilà, 10H26 de course résumées en quelques lignes...
Je fais de mon mieux pour vous assembler les séquences vidéos de la GoPro et dans quelques jours vous pourrez vivre plus "intérieurement" cette course physiquement et moralement difficile.


Sympa le Tee-shirt FINISHER, vraiment, celui-là je le porterai sans problème.


@llez, la suite au prochain épisode ! Bye...

 


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